Slimane Azayri

Slimane Azayri

The adjuster, film d'Atom Egoyan, l’expert en sinistres. En attendant l'apocalypse...

 

 

Fiche technique : Scénario et réalisation Atom Egoyan - 1h42, USA/Canada, sortie en en 1990 ; avec Elias Koteas (Noah), Arsinée Khanjian (Hera), Maury Chaykin (Bubba), Gabrielle Rose (Mimi), Jennifer Dale (Arianne), David Hemblen (le censeur), Rose Sarkisyan (Seta), Armen Kokorian (Simon).

 

Résumé de l'histoire : Expert en compagnie d'assurances, Noah Render est un "adjuster" dont le rôle est d'évaluer les biens des victimes des catastrophes. Lui, son épouse Héra, et son fils Simon, habitent dans une maison modèle d'un projet qui a capoté au milieu d'un lugubre terrain vague. Héra est censeur de films : elle en fait des copies en cachette qu'elle donne à sa sœur Séta. Celle-ci les regarde en faisant brûler les images de guerre à Beyrouth, tout en assurant la garde de Simon...

 

Le film « The adjuster », vu le vendredi 26 février 2010 à l’occasion des rencontres hebdomadaires organisées par le ciné club « Chrysalide », est un film étrange et déroutant par bien de ses aspects.

 

Côté narration, les histoires des trois personnages principaux suivent des cours distincts jusqu’au télescopage des dernières minutes :

- Noah, dans  le rôle titre, est expert des assurances chargé d’évaluer les coûts des sinistres survenus dans les habitations des assurés. En même temps, il fait autre chose d’incompatible, celui d’ange gardien auprès de ces assurés qui paraissent au fur et à mesure du déroulement du film, être de véritable sinistrés de l’existence ;

- Héra, sa femme, membre d’une commission de censure cinématographique dont elle enfreint pourtant les règles en filmant en cachette des scènes destinées à  être censurées.

- Bubba, ancien joueur de football américain, producteur de film, voyeur-exhibitionniste vivant la transgression par la recherche permanente de la réalisation de ce qui paraît être ses fantasmes.

 

Côté esthétique, les personnages évoluent dans une ambiance crépusculaire (dans aucune scène il ne fait franchement jour) qui rappelle des films d’épouvante.

Bon nombre de scènes répétées donnent une sensation d’abandon, de vide :

- quelques pavillons neufs perdus – dans l’un d’eux, acheté à bas prix,  habitent Noah, Héra, Simon, leur fils et Séta, la sœur de cette dernière-  au milieu d’un grand terrain stérile et rescapés d’un projet immobilier abandonné par son promoteur en faillite ;

- ce qui ressemble à un grand hangar servant de salle des archives à la commission de censure qui ne censure plus grand-chose selon les propos de son président.

La situation des trois personnages présentés plus haut est significative d’un environnement naturel et d’une vision de la  vie (au sens générique) sérieusement agressés par les errements des hommes. En effet, alors que les personnages sont sensés œuvrer, chacun dans son propre champ d’action, au respect des règles communes, ils travaillent en fait (inconsciemment ?), par leur transgression en parallèle, à leur  destruction.

 

C’est la rencontre des vies des trois personnages qui provoque la catastrophe : Bubba est intéressé par la maison de Noah et Héra comme décors de tournage d’un film;  Noah guidé par l’appât du gain accepte de la louer. Bubba,  égaré dans sa folie exhibitionniste, se  suicide en y mettant le feu avec lui à l’intérieur. Noah, l’adjuster et l’ange gardien,  et sa famille se retrouvent  sinistrés dans un monde qui semble  en voie de connaître un sinistre global. L’apocalypse diraient certains.



27/11/2011
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