Slimane Azayri

Slimane Azayri

Les bureaux de Dieu, un film français de Claire Simon. Grandeur et servitudes féminines

 

Un film de Claire Simon, avec Nathalie Baye, Nicole Garcia, Isabelle Carré (...) ; Genre : Comédie dramatique; Durée : 2H02 mn ; Année  2008 ; France.

 

Résumé : Djamila aimerait prendre la pilule parce que maintenant avec son copain c’est devenu sérieux, la mère de Zoé lui donne des préservatifs mais elle la traite de pute, Nedjma cache ses pilules au-dehors car sa mère fouille dans son sac, Hélène se trouve trop féconde, Clémence a peur, Adeline aurait aimé le garder, Margot aussi. Maria Angela aimerait savoir de qui elle est enceinte, Ana Maria a choisi l’amour et la liberté.

 Anne, Denise, Marta, Yasmine, Milena sont les conseillères qui reçoivent, écoutent chacune se demander comment la liberté sexuelle est possible.

 Dans les bureaux de Dieu on rit, on pleure, on est débordées. On y danse, on y fume sur le balcon, on y vient, incognito, dire son histoire ordinaire ou hallucinante

 

« Les bureaux de Dieu », qui désignent les services du planning familial, je l’ai vu samedi 17 avril 2010 à la filmothèque Mohamed Zinet (Riadh El Feth) où il a été projeté à l’initiative du Centre culturel français d’Alger. Claire Simon, la réalisatrice, devait être présente mais l'irruption du volcan islandais qui avait bloqué, ces jours là, le trafic aérien depuis et vers l’Europe, en décida autrement. Dommage.

« Les bureaux de Dieu » est une œuvre originale à plus d’un titre :

- Il a tout l’air d’un documentaire mais ne l’est pas : en effet, les faits et situations présentés sont vrais mais ont été rejoués par des comédiennes et comédiens visiblement habités et passionnés par leur rôle respectif.

-  A l’inverse, son casting exceptionnel – Nathalie Baye, Nicole Garcia, Béatrice Dalle,  Rachida Brakni, Michel Boudjenah, etc. – lui donne l’apparence d’une grande production du cinéma conventionnel qu’il n’est évidemment pas.

- Les cas de plusieurs femmes, d’origine et d’âge différents, qui se présentent aux « bureaux de Dieu », nichés au dernier étage d’un immeuble parisien, sont présentés à tour de rôle avec plein d’émotion et de vérité : courage et conscience des responsabilités de la part des demanderesses, souvent bousculées par des contraintes impossibles à résoudre ou ignorer, et écoute patiente et conseils éclairés de la part des travailleuses et travailleurs sociaux.

Après avoir vu ce film, je me rends compte que le pouvoir de décider d’enfanter ou non qui revient principalement aux femmes n’est pas seulement l’expression de leur liberté mais aussi de la grandeur et des servitudes de leur condition où qu’elles se trouvent dans le monde.  



27/04/2012
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