Slimane Azayri

Slimane Azayri

L'Algérie face à la chute des prix du pétrole

 Il est vrai que les dirigeants et rentiers en chef algériens actuels, en n'investissant pas en première priorité, d'une part, dans le capital humain depuis la maternelle jusqu'aux universités et grandes écoles et , d'autre part, dans le développement d'une économie productrice de biens et services à forte valeur ajoutée, ont fait preuve d'imprévision voire d'aveuglement. Comment ? En omettant ou plutôt se dispensant de tirer les leçons pratiques - et non pas seulement idéologiques et politiques - des effets catastrophiques économiques, sociaux et politiques - allant jusqu'à la paupérisation de la grande majorité des algériens et la guerre civile au plan interne et à la crise de la dette au plan externe - qu'avait engendré l'effondrement brutal des cours des hydrocarbures à partir de 1984 jusqu'en 1999. Cela pour une raison qui parait évidente: la sortie de l'Algérie de la dépendance à la rente pétrolière ne peut seulement s'opérer par des aménagements de politique économique mais aussi et surtout en transformant qualitativement le mode de gouvernance du pays entier, société et Etat. Pourtant depuis très longtemps, il s'est toujours trouvé des politiciens renommés, pas seulement de l'opposition, ou des économistes et autres experts en vue pour attirer l'attention sur les risques graves que fait courir la dépendance au pétrole au pays et, en conséquence, le caractère vital des réformes démocratiques, seul moyen de mobiliser les ressources et les intelligences nationales. En vain. Les dirigeants actuels semblent avoir choisis dés le départ, c'est -à-dire dès leur arrivée au pouvoir il y a une quinzaine d'année, de mettre en oeuvre l'antique politique de la carotte ( la distribution clientéliste de la rente) et du bâton (le quadrillage du pays par des services de sécurité aux structures tentaculaires destinées à verrouiller les espaces publics et réprimer les contestations pacifiques). Nous voyons que la responsabilité principale de la situation assez périlleuse dans laquelle se trouve l'Algérie est d'abord nationale. Elle est ensuite, à titre secondaire, étrangère étant donné que les partenaires de l'Algérie (UE, dont la France, USA, Chine, Russie, etc.) ont largement profité des retombées de la rente pétrolière, notamment avec: 1/ les gros contrats d'infrastructures et de constructions; 2/ les importations massives de biens d'équipements et de consommation; 3/ le placement d'une partie des avoirs de l'Etat algérien issus des recettes pétrolières dans les institutions financières et bancaires américaines et européennes; 4/ les fuites importantes de capitaux algériens, notamment ceux nés de la corruption nationale et internationale, dans les banques et paradis fiscaux principalement européens et américains. Ces derniers constats peuvent donner à raison l'impression que le titre alarmant du Figaro ("l'Algérie fait peur à l'Europe") est déplacé et malvenu vu que la rente pétrolière a, de mon modeste point de vue d'algérien, plus profité aux partenaires occidentaux et asiatiques de l'Algérie et aux "élites" corrompues de cette dernière qu'à la grande masse de mes compatriotes.



24/02/2016
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